Il existe un moment particulier dans la vie d’un projet où continuer à travailler dans l’ombre n’a plus vraiment de sens. Pendant des mois, CONQUISTA a grandi presque exclusivement entre des notes, des recherches historiques, des cartes, des documents et des centaines de pages de manuscrit. Ce qui n’était au départ qu’une envie d’écrire un grand récit d’aventure situé au XVIe siècle s’est progressivement transformé en un roman de plus de 200 000 mots, peuplé de personnages qui ont fini par imposer leur propre rythme, leurs amitiés, leurs faiblesses et leurs ambitions.

Francisco de Peralta a quitté Albarracín depuis longtemps. Il a pris la direction de Tolède, puis celle de Séville, avant de regarder vers un océan dont il ne mesure encore ni l’immensité ni les conséquences. Sur cette route apparaîtront Manuel Salvatierra, Diego et de nombreux autres compagnons, tandis que les personnages imaginaires commenceront progressivement à croiser des hommes et des femmes qui, eux, appartiennent réellement à l’Histoire. Autour d’eux, l’Espagne du XVIe siècle, l’Atlantique, Panamá, les terres du Pérou, le désert d’Atacama et le Chili ont cessé d’être de simples décors pour devenir les différentes étapes d’un voyage qui transforme autant les hommes qui le parcourent que les territoires qu’ils espèrent conquérir.

Après des mois consacrés à l’écriture et à la construction de cet univers, CONQUISTA s’apprête désormais à franchir une nouvelle frontière. Dans moins de 72 heures, le projet sera présenté au public à travers une campagne de financement participatif destinée à permettre son passage du manuscrit au livre imprimé.

Cette campagne portera un nom qui résume à lui seul l’esprit du projet : La Première Expédition.

Tout a commencé par un roman

Avant les cartes, les dés, les objets de collection et toutes les possibilités que l’univers de CONQUISTA pourrait éventuellement offrir demain, il y a d’abord un roman. C’est même une règle importante pour LudiK Studio : ne pas perdre de vue ce qui a donné naissance au reste.

CONQUISTA est un roman d’aventure historique situé dans la première moitié du XVIe siècle, au moment où des milliers d’Européens regardent vers les territoires américains avec un mélange de fascination, d’ambition, de foi, de curiosité et de convoitise. Les récits qui reviennent des Indes parlent de terres immenses, de fortunes impossibles à imaginer en Europe et d’hommes ordinaires devenus capitaines, propriétaires ou personnages suffisamment importants pour que leur nom traverse parfois les siècles. Mais derrière ces promesses existent également les maladies, les naufrages, la faim, les violences, les guerres, les distances et une mortalité que les récits glorieux laissent facilement au second plan.

C’est dans ce monde que grandit Francisco de Peralta, petit hidalgo originaire d’Albarracín, en Aragon. Il n’est ni un grand capitaine ni un homme destiné à entrer dans les livres d’Histoire. Il possède quelques armes, une éducation correspondant à sa condition, certaines qualités, beaucoup de défauts et surtout cette frustration propre à celui qui comprend que son existence risque de rester beaucoup plus étroite que ses ambitions. Comme tant d’autres hommes de son époque, il finit donc par regarder vers l’ouest.

Son départ ne repose pas sur une grande mission providentielle. Francisco veut partir, découvrir, s’élever socialement et, évidemment, trouver cette richesse dont parlent ceux qui reviennent des Indes. Il part chercher l’or sans comprendre encore que le voyage finira par l’obliger à redéfinir ce qu’il considère comme précieux.

Sa route le conduira d’Albarracín à Tolède, puis jusqu’à Séville, où commencent véritablement les grandes distances. Après les Îles Canaries viendront Nombre de Dios et Panamá, la traversée vers le Pacifique, Ciudad de los Reyes, puis cette longue descente vers le sud qui conduira les hommes jusqu’aux terres chiliennes. Entre ces destinations se trouvent cependant des milliers de kilomètres, des semaines et parfois des mois de marche ou de navigation, des compagnons qui disparaissent et d’autres qui apparaissent, des affrontements, des rencontres et cette lente transformation que seule une route suffisamment longue peut provoquer chez un homme.

C’est dans cette tension que se trouve une grande partie de l’identité du roman.

OR · SANG · FOI.

Trois mots qui ne désignent pas simplement trois thèmes, mais trois forces qui accompagnent progressivement Francisco. L’or représente évidemment la richesse, mais également la promesse d’une autre existence et cette fièvre capable de pousser des hommes toujours plus loin. Le sang est celui des batailles, mais aussi celui de la famille, des compagnons et de tous ceux que l’on laisse derrière soi. Quant à la foi, elle commence comme une présence presque ordinaire dans une société profondément chrétienne avant de devenir, au fil du voyage, quelque chose de beaucoup plus personnel et exigeant.

Faire entrer la fiction dans l’Histoire

Écrire un roman historique pose rapidement une difficulté particulière : jusqu’où peut-on modifier le passé pour servir son récit ? Dans CONQUISTA, une règle s’est progressivement imposée et elle accompagne désormais toute l’écriture : lorsque Francisco rencontre l’Histoire, l’Histoire ne se plie pas à Francisco ; c’est Francisco qui doit trouver sa place en elle.

Francisco de Peralta, Manuel, Diego et plusieurs de leurs compagnons sont des personnages fictifs. Ils peuvent donc aimer, se tromper, se battre, rire, perdre, choisir une direction plutôt qu’une autre et connaître des aventures qui n’ont évidemment jamais été consignées dans les archives. En revanche, le monde dans lequel ils évoluent ne peut pas être modifié avec la même liberté. Les villes possèdent leur architecture, les navires leurs contraintes, les voyages leurs durées, les armes leurs usages et les événements historiques leurs propres protagonistes.

Ce principe conduit parfois à consacrer beaucoup de temps à ce qui ne représentera finalement que quelques lignes dans le roman. Comprendre à quoi pouvait ressembler une rue, vérifier l’état d’une ville à une date précise, étudier un navire, déterminer comment un homme aurait pu voyager entre deux lieux ou rechercher ce que l’on sait réellement d’un personnage historique fait partie intégrante du travail. Toutes les réponses ne sont pas toujours disponibles et certaines sources se contredisent, mais cette incertitude fait elle-même partie de l’écriture historique : il faut alors déterminer ce que l’on sait, ce qui est probable et l’espace dans lequel la fiction peut légitimement s’installer.

Lorsque Francisco croisera des figures historiques telles que Pedro de Valdivia ou Inés Suárez, celles-ci ne seront donc pas de simples noms célèbres placés dans le récit pour lui donner une apparence d’authenticité. Leurs trajectoires existent indépendamment de celle du héros. Francisco pourra assister à certains événements, participer à ce qui est vraisemblable, subir les décisions prises par d’autres et parfois se retrouver exactement là où il aurait préféré ne pas être, mais il ne pourra pas devenir artificiellement l’homme sans lequel l’Histoire n’aurait pas eu lieu.

L’ambition n’est évidemment pas de prétendre reconstituer parfaitement le XVIe siècle. Cinq siècles nous en séparent et un roman reste une œuvre de fiction. L’objectif est plutôt de prendre suffisamment au sérieux l’Histoire et le lecteur pour que l’aventure puisse s’appuyer sur un monde crédible, sans sacrifier pour autant le rythme, l’émotion ou les personnages qui donnent au récit sa raison d’être.

Pourquoi une campagne de financement participatif ?

Lorsque le manuscrit a commencé à approcher de sa forme actuelle, une question s’est naturellement posée : comment faire naître physiquement CONQUISTA ?

Il aurait été possible d’imprimer quelques exemplaires, de mettre le livre en vente et de commencer ensuite à communiquer autour de sa sortie. Cette solution aurait probablement été la plus classique, mais elle correspondait finalement assez mal à l’identité que le projet avait développée. CONQUISTA raconte précisément l’histoire d’hommes qui quittent un monde connu pour s’engager dans une entreprise dont ils ne connaissent ni la durée ni l’issue. Construire le lancement autour d’une Première Expédition et inviter les premiers lecteurs à y participer s’est donc imposé progressivement comme une évidence.

Le premier objectif de la campagne sera fixé à 2 500 €. Ce montant représente le point à partir duquel la production pourra véritablement commencer, mais nous avons voulu lui donner une signification à l’intérieur même de l’univers : ce premier palier correspondra à Séville, la ville depuis laquelle l’expédition peut enfin prendre la mer.

Si l’objectif est atteint, CONQUISTA pourra entrer en production. Si la collecte poursuit sa progression, l’expédition continuera elle aussi sa route. À 3 500 €, les Îles Canaries constitueront la prochaine escale et permettront notamment d’améliorer la Carte de l’Expédition en version collector. D’autres destinations apparaîtront ensuite au fur et à mesure de la campagne, en suivant la progression géographique du roman jusqu’aux terres qui attendent Francisco beaucoup plus au sud.

Cette construction permet de transformer la jauge financière en quelque chose de beaucoup plus cohérent avec le projet. Il ne s’agira plus seulement de regarder un pourcentage progresser : chaque objectif atteint fera avancer l’expédition et permettra d’améliorer concrètement ce que recevront certains contributeurs.

Le financement participatif offre également un autre avantage essentiel pour un projet indépendant : il permet d’adapter le premier tirage et la fabrication des contreparties à la demande réelle. Plutôt que de produire arbitrairement une quantité importante de livres et d’objets avant de savoir s’ils rencontreront leur public, la Première Expédition permettra de connaître la communauté qui existe réellement autour de CONQUISTA avant de lancer la fabrication.

Les Artefacts de la Première Expédition

Une autre question s’est rapidement posée lorsque nous avons commencé à imaginer les contreparties : que peut-on proposer autour d’un roman historique sans tomber dans une accumulation de produits promotionnels qui n’auraient finalement que peu de rapport avec le livre ?

La réponse a donné naissance aux Artefacts de la Première Expédition.

L’idée n’est pas de prétendre reproduire des objets authentiques du XVIe siècle, mais de créer une collection contemporaine inspirée de l’univers de CONQUISTA et suffisamment cohérente pour donner l’impression qu’elle appartient au voyage. Une Carte de l’Expédition permettra ainsi de suivre la route de Francisco depuis l’Aragon jusqu’aux terres chiliennes. Une première série de sept cartes PE présentera des personnages, des figures historiques, des événements et différentes dimensions de l’expédition. Deux Dés de l’Expédition, une Pièce et une Bourse compléteront certaines contreparties.

Ces objets ont d’abord été conçus pour prolonger l’expérience du roman au-delà de ses pages. Poser la carte devant soi permet de comprendre les distances. Reconnaître Francisco, Manuel ou Diego sur une carte transforme progressivement ces personnages en compagnons familiers. Une pièce, une bourse ou deux dés peuvent devenir de petits fragments matériels d’un univers qui, jusqu’ici, n’existait que par les mots.

Mais certains auront peut-être déjà remarqué que ces artefacts sont organisés d'une manière assez particulière. Les cartes portent des références — PE-001, PE-002, PE-003... — ainsi que des catégories, des symboles et des attributs. Les deux dés ne sont pas tout à fait ordinaires non plus.

Ce choix n’est pas accidentel.

Il serait toutefois prématuré d’en dire davantage. CONQUISTA commence avec un roman et la Première Expédition doit d’abord permettre à ce roman de rencontrer ses lecteurs. Si l’univers trouve son public, certaines choses qui semblent aujourd’hui n’être que des détails pourront peut-être prendre une autre dimension.

Avec CONQUISTA, LudiK Studio prend réellement vie

Cette campagne marque également une étape importante pour LudiK Studio by LudiKreation, car CONQUISTA est le premier projet qui matérialise véritablement ce que nous voulons construire avec le Studio.

LudiK Studio est né autour d’une idée relativement simple : certains univers peuvent commencer sous une forme et, lorsqu’ils possèdent suffisamment de matière, continuer à vivre ailleurs. Édition, podcast, vidéo et jeux constituent les quatre territoires que nous souhaitons progressivement explorer, non pas avec l’ambition de décliner systématiquement chaque projet sur tous les supports, mais avec la liberté de laisser une histoire emprunter d’autres chemins lorsque cela possède du sens.

CONQUISTA représente parfaitement cette philosophie. Tout commence par un roman, parce que c’est par l’écriture que Francisco, Manuel, Diego et leur monde ont vu le jour. Pourtant, au fil de la construction du projet, les cartes sont apparues, puis les artefacts, des idées de contenus historiques et d’autres possibilités encore. Certaines verront peut-être le jour ; d’autres resteront probablement dans les carnets. Il n’y a aucune nécessité de tout produire simplement parce que cela est imaginable.

Une règle demeure donc essentielle : chaque chose en son temps.

La Première Expédition ne promet pas un immense univers transmédia avant même que le premier lecteur ait ouvert le livre. Elle propose quelque chose de beaucoup plus concret : permettre à un roman indépendant de devenir un objet physique, constituer son premier cercle de lecteurs et découvrir si l’univers imaginé pendant tous ces mois possède la capacité de vivre au-delà de son auteur.

Ceux qui ont pris la mer

Cette idée a également influencé la manière dont nous avons voulu considérer les premiers contributeurs. Une campagne de financement participatif pourrait se résumer à une transaction : choisir une contrepartie, effectuer un paiement, attendre quelques mois et recevoir un colis. Pourtant, dans le contexte de CONQUISTA, il semblait possible de donner davantage de sens à cette première communauté.

Les contributeurs qui le souhaitent pourront donc voir leur nom rejoindre Ceux qui ont pris la mer, en référence à tous ceux qui auront permis à la Première Expédition d’exister avant même que le premier exemplaire sorte de l’imprimerie. Une contrepartie limitée à cinquante participants distinguera également Les Premiers Compagnons, ceux qui auront choisi de laisser une trace particulière dans la naissance du projet.

Il ne s’agit évidemment que de noms inscrits dans un livre ou associés à cette première édition, mais leur signification est ailleurs : si CONQUISTA poursuit un jour son chemin, si d’autres livres voient le jour ou si certaines des idées actuellement dissimulées derrière les cartes et les dés deviennent réalité, il restera une première campagne, un premier tirage et un premier groupe de personnes qui auront décidé d’y croire lorsque tout était encore à construire.

C’est précisément pour cela que nous parlons de Première Expédition.

Moins de 72 heures avant le départ

Après plus de 200 000 mots, des mois/années d’écriture, de recherches historiques, de corrections et de construction d’un univers, CONQUISTA arrive donc à un moment très différent de tous ceux qui l’ont précédé. Jusqu’ici, l’essentiel du travail consistait à créer : écrire une scène, comprendre une époque, construire un personnage, vérifier un détail, revenir sur un chapitre ou décider quelle direction devait prendre l’histoire.

La prochaine étape ne dépendra plus uniquement de ce travail.

Dans moins de 72 heures, la campagne de financement participatif sera ouverte et CONQUISTA rencontrera pour la première fois ceux qui pourraient devenir ses premiers lecteurs. L’objectif initial sera volontairement accessible : 2 500 € pour atteindre Séville et permettre à la production de commencer. À partir de là, chaque nouvelle étape dépendra du nombre de personnes qui décideront de rejoindre l’expédition.

Nous savons déjà où se trouve la prochaine escale. À 3 500 €, les Îles Canaries apparaîtront sur la route et la Carte de l’Expédition évoluera vers sa version collector. Au-delà, d’autres destinations attendront leur tour, comme elles attendent déjà Francisco dans le roman.

Il serait tentant de regarder immédiatement vers Panamá, Ciudad de los Reyes, l’Atacama ou Santiago. Mais ce serait oublier une leçon que l’écriture de CONQUISTA rappelle depuis le commencement : les très longues routes ne se parcourent jamais en une seule fois.

Pour l’instant, il n’y a donc qu’une destination à atteindre.

Séville.

Dans moins de 72 heures, la Première Expédition pourra commencer.

Et cette fois, Francisco ne sera plus seul à prendre la mer.

CONQUISTA — OR · SANG · FOI
La Première Expédition approche.

Certains voyages commencent avec une carte. D’autres commencent lorsque quelques personnes décident qu’une destination mérite que l’on quitte le rivage.

CONQUISTA
OR · SANG · FOI
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Le roman arrive sur Ulule.

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